2026, l’année où la mobilité durable s’installe dans le quotidien des entreprises
En 2026, la mobilité durable n’est plus un simple sujet d’image. Elle touche le budget des salariés, les charges des employeurs et l’organisation du travail. Nous voyons trois leviers prendre de l’ampleur : l’indemnité kilométrique vélo, le leasing de vélos électriques et l’électrification des flottes d’entreprise.

Pourquoi les employeurs s’y intéressent vraiment
Les entreprises cherchent des solutions plus sobres pour les trajets domicile-travail et les déplacements professionnels. Le sujet n’est pas seulement écologique. Il touche aussi la qualité de vie au travail, l’attractivité employeur et la maîtrise des coûts. Le bon réflexe consiste à construire une politique cohérente, plutôt qu’à empiler des mesures isolées.
Pour aller plus loin sur la logique d’ensemble, nous pouvons aussi regarder les grandes tendances de la mobilité urbaine en 2026, car beaucoup d’usages en entreprise en découlent.
L’indemnité kilométrique vélo progresse
Depuis le 1er janvier 2026, le montant exonéré de l’indemnité kilométrique vélo passe à 0,37 € par kilomètre, contre 0,36 € auparavant.¹ Le plafond annuel d’exonération monte aussi à 3 700 €. C’est modeste à première vue, mais pour un salarié régulier, la différence devient concrète sur l’année.
Sur une base de 10 km aller simple et 220 jours ouvrables, l’indemnité annuelle peut tourner autour de 1 628 €. Si l’employeur verse davantage que 0,37 €/km, la part au-delà du seuil reste soumise à l’impôt et aux cotisations sociales. La règle est simple, mais elle mérite d’être connue pour éviter les mauvaises surprises.
Forfait mobilités durables : un complément utile
Le forfait mobilités durables complète bien l’IKV. Son plafond d’exonération atteint 600 € par an, et 900 € lorsqu’il est cumulé avec la prise en charge des transports en commun. Il peut couvrir plusieurs usages : covoiturage, trottinettes électriques, transports publics hors abonnement, et autres solutions de déplacement durable.
- Secteur privé : le dispositif reste facultatif, mais il doit être abordé lors des négociations annuelles obligatoires.
- Fonction publique d’État et hospitalière : le dispositif est obligatoire.
- Fonction publique territoriale : sa mise en place dépend d’une délibération.
Leasing de vélos électriques : un levier qui séduit
Le leasing de vélos électriques progresse aussi. L’entreprise met à disposition des salariés des vélos classiques, électriques, cargos ou VTT via une LOA ou une LLD. Le principe est simple : le vélo est loué par l’entreprise auprès d’un loueur ou d’un organisme financier, puis le salarié participe au paiement via la fiche de paie, avant impôts et cotisations dans certains montages.
Le résultat peut être intéressant pour tout le monde. Le salarié réduit son coût d’usage, et l’employeur limite son effort financier grâce aux économies de cotisations. Selon les cas décrits dans la recherche, le coût pour le salarié peut baisser jusqu’à 40 % par rapport à un achat direct. En France, le potentiel reste important, avec environ 20 000 vélos électriques financés par les entreprises, loin derrière d’autres pays européens.
Si le sujet vous intéresse côté achat, notre dossier sur les aides au vélo électrique en 2026 peut aider à comparer les options disponibles.
Les flottes d’entreprise passent à l’électrique, mais pas partout au même rythme
Les voitures particulières électriques s’imposent désormais dans les flottes. Au premier semestre 2026, elles deviennent la première motorisation achetée par les entreprises. En septembre, elles affichent 16 940 immatriculations, soit une hausse de 76 % sur un an et une part de marché de 43 %.²
Le mouvement est porté par la hausse des carburants et par la fiscalité, qui pousse les entreprises à revoir leurs choix. Les véhicules utilitaires légers, eux, restent très majoritairement diesel, avec une part encore à 70 %. Le basculement est donc réel, mais il reste inégal selon les usages.
| Levier | Ce que cela change | Point de vigilance |
|---|---|---|
| IKV | Encourage les trajets vélo domicile-travail | Respect du seuil exonéré |
| FMD | Complète l’aide vélo et multimodal | Règles différentes selon le secteur |
| Leasing vélo | Réduit le coût d’usage pour le salarié | Choix du montage contractuel |
| Flotte électrique | Réduit les émissions du parc | Besoin d’infrastructure de recharge |
Le PDME reste la colonne vertébrale
Pour que tout cela tienne ensemble, le Plan de Mobilité Employeur reste la base. Il est obligatoire pour les entreprises d’au moins 50 salariés sur un même site, situé dans une agglomération de plus de 100 000 habitants. Le PDME doit partir d’un diagnostic des trajets existants, puis proposer un programme d’actions, un calendrier, un plan de financement et des modalités de suivi.¹
Un PDME solide peut intégrer le télétravail, la flexibilité des horaires, les solutions vélo, le covoiturage et les transports collectifs. Il peut aussi aider à structurer une politique cohérente de flotte, en lien avec les objectifs environnementaux de l’entreprise.
Les bonnes pratiques pour avancer sans se tromper
- Cartographier les trajets des salariés et les besoins des métiers.
- Fixer une priorité entre vélo, covoiturage, transports et flotte électrique.
- Choisir un dispositif lisible pour les salariés, avec des règles simples.
- Vérifier la conformité fiscale et sociale avant le déploiement.
- Prévoir le suivi pour ajuster les aides et mesurer l’usage réel.
Au fond, la mobilité durable au travail fonctionne quand elle reste pratique. Si les salariés comprennent l’intérêt, si l’employeur garde une vision claire des coûts et si le dispositif colle aux usages, la solution peut durer. Pas besoin de promettre la lune, juste d’avancer proprement.
Sources
1. Service-public.gouv.fr
2. BFM TV