Téléphone au volant : réglementation et risques en France
La loi française interdit strictement l’usage du téléphone tenu en main au volant
En France, tenir son téléphone en main pendant la conduite constitue une infraction de classe 4, passible d’une amende forfaitaire de 135 euros et d’un retrait de 3 points sur le permis, sanction plus lourde qu’un excès de vitesse inférieur à 20 km/h. L’interdiction couvre non seulement passer un appel, mais aussi envoyer ou lire des messages et toute activation d’une fonction du téléphone.
Un arrêt de la Cour de cassation du 23 janvier 2018 rappelle que cette interdiction s’applique même lorsque le véhicule est momentanément arrêté à un feu rouge ou un stop, puisqu’il est juridiquement considéré comme en circulation.
Depuis le 1er juillet 2015, le port de dispositifs émettant un son directement dans l’oreille, comme les oreillettes et casques audio, est interdit, à l’exception des aides auditives correctrices pour les malentendants. De plus, simplement tenir le téléphone en main sans l’utiliser est aussi une infraction pour prévenir toute distraction inutile.
Les sanctions légales comprennent amendes, retrait de points et risque de suspension de permis
Au-delà de l’amende de 135 euros et du retrait automatique de 3 points sur le permis, la récupération des points s’effectue après 3 ans sans nouvelle infraction ou plus rapidement via un stage de sensibilisation. Cette sanction est particulièrement lourde pour les jeunes conducteurs en période probatoire, qui disposent de 6 points seulement et risquent une invalidation rapide.
En cas de cumul avec une autre infraction grave comme un excès de vitesse ou le franchissement d’un feu rouge, les forces de l’ordre peuvent immédiatement retenir le permis et suspendre sa validité jusqu’à 6 mois, voire prononcer un retrait définitif. Cette mesure traduit une sévérité accrue face à la dangerosité combinée de ces infractions. Les récidives pour usage du téléphone au volant aggravent aussi la sanction avec des suspensions pouvant atteindre 6 mois.
L’usage du téléphone au volant multiplie par 3 le risque d’accident corporel
D’après la Sécurité routière, téléphoner au volant est impliqué dans un accident corporel sur dix et multiplie par trois le risque de collision. Ce chiffre montre que ce comportement demeure une source majeure d’accidents routiers malgré les campagnes de prévention.
Lire un message en conduisant porte ce risque à un niveau critique, en l’augmentant jusqu’à 23 fois. Cette multiplication intense s’explique par la distraction visuelle et cognitive qui en résulte.
Le temps moyen de détournement du regard du conducteur lors de la lecture d’un SMS est de 5 secondes consécutives. À 50 km/h en ville, cela signifie parcourir environ 70 mètres sans observer la route, exposant à de graves dangers comme un piéton qui traverse, un virage ou un obstacle soudain.
La distraction liée au téléphone ralentit temps de réaction et réduit la vigilance du conducteur
L’utilisation du téléphone au volant crée une distraction majeure. Elle affecte plusieurs fonctions clés : elle augmente le temps de réaction et de freinage, réduit le champ visuel et les distances de sécurité, et complique la maîtrise de la vitesse adaptée à la circulation.
Ces déficits combinés augmentent très significativement le risque d’accident, car le conducteur n’a plus les capacités suffisantes pour identifier et réagir efficacement aux dangers imminents.
En outre, le port de dispositifs audio dans l’oreille perturbe aussi la perception auditive, indispensable pour détecter les signaux sonores importants de la circulation. Cette raison justifie l’interdiction stricte des écouteurs ou casques audio pendant la conduite, sauf pour les appareils correcteurs auditifs.

Recommandations pour limiter les risques liés à l’usage du téléphone au volant
Pour réduire ces risques, plusieurs gestes simples et mesures préventives sont essentiels :
- Activer systématiquement la fonction « Ne pas déranger » sur son smartphone afin d’éviter toute tentation d’utilisation.
- Utiliser uniquement des systèmes mains libres intégrés Bluetooth, qui ne nécessitent pas de tenir le téléphone en main et minimisent l’attention portée à l’appareil.
- Les employeurs doivent mettre en place des formations et intégrer cette interdiction dans le règlement intérieur, conformément aux recommandations du Conseil national de la sécurité routière (CNSR).
- Éviter toute manipulation du téléphone en conduisant, même brève, afin de maintenir une vigilance maximale.
- Valoriser la prévention institutionnalisée et la sensibilisation régulière pour faire reculer durablement le nombre d’accidents liés à l’usage du téléphone.
Ces conseils s’avèrent indispensables pour protéger tous les usagers de la route face à ce facteur de risque avéré.