Entretien et contrôle du système de dégivrage avant les premiers froids : étapes clés et budget à prévoir

Entretien et contrôle du système de dégivrage avant les premiers froids : étapes clés et budget à prévoir

Par ExpertAuto 5 min de lecture
Avant l’arrivée des premiers froids, assurer un bon entretien et contrôle du système de dégivrage est indispensable pour maintenir l’efficacité et la durabilité de vos installations frigorifiques. Cet article détaille les étapes essentielles : positionner correctement l’évaporateur pour limiter la formation de givre, organiser les interventions afin de réduire les ouvertures, choisir la méthode de dégivrage adaptée à votre équipement, et utiliser des systèmes de régulation intelligente pour maîtriser les coûts énergétiques. Enfin, un point sur le budget à prévoir vous aidera à optimiser vos dépenses tout en réalisant des économies durables sur la facture d’énergie.

Positionner l’évaporateur loin des sources d’air chaud et humide pour limiter la formation de givre

Le positionnement optimal de l’évaporateur est un facteur primordial pour minimiser la formation de givre sur la batterie, notamment en le plaçant loin des entrées d’air chaud et humide. Cela évite l’aspiration d’un flux à température moyenne élevée qui accélère le gel.

Dans les chambres froides négatives, cette précaution réduit la fréquence des cycles de dégivrage. Elle prolonge aussi la durée de vie de l’équipement et optimise la qualité de conservation des produits stockés.

Une implantation réfléchie contribue également à une meilleure uniformité de la température, évitant des zones saturées de condensation qui, en gelant, créent des surconsommations énergétiques préjudiciables. Selon energieplus-lesite.be, ce positionnement est crucial pour limiter la formation de givre et améliorer les performances énergétiques.

Organiser les interventions pour réduire les ouvertures et diminuer la consommation énergétique

La fréquence et la durée d’ouverture des portes sont des leviers majeurs pour limiter l’entrée d’air humide et donc la charge de dégivrage induite.

Exemple concret : dans une chambre froide de 4x4x3 m, réduire les ouvertures de 10 à 5 fois par heure, et la durée d’ouverture de 30 à 6 secondes, fait chuter la consommation électrique liée au dégivrage de 15,6 kWh/jour à 3,9 kWh/jour, soit une économie annuelle de 350 € à 0,11 €/kWh.

La gestion de ces ouvertures peut être organisée selon ces étapes :

  1. Planification précise des interventions pour éviter les ouvertures dispersées et fréquentes.
  2. Regroupement des opérations de stockage et prélèvement afin de limiter les passages dans la chambre froide.
  3. Sensibilisation du personnel à la réduction des temps d’ouverture et à la nécessité de fermeture rapide.
  4. Installation possible de systèmes de porte automatisée ou d’alarmes.

Cette organisation est un facteur-clé pour contrôler les coûts énergétiques liés au dégivrage.

Choisir la méthode de dégivrage adaptée en fonction de l’installation et des coûts énergétiques

Dégivrage par résistances chauffantes intégrées

Le dégivrage par résistances chauffantes intégrées est une méthode simple et répandue qui utilise une chaleur directe. Cependant, elle est énergétiquement coûteuse durant les pics de consommation électrique.

Dégivrage par inversion de cycle (gaz chaud)

La méthode d’inversion de cycle permet un dégivrage rapide en transformant temporairement l’évaporateur en condenseur. Ce procédé est plus complexe, onéreux en équipement (vannes spécialisées), et est surtout utilisé dans les installations industrielles où la rapidité et l’efficacité se justifient.

Dégivrage par circulation d’air chaud

Le dégivrage par circulation d’air chaud offre une solution lente mais adaptée aux chambres moins sollicitées, fonctionnant par augmentation modérée de la température ambiante avec maintien de la ventilation active.

Une méthode complémentaire mentionnée consiste au dégivrage périodique par arrêt temporaire du compresseur toutes les deux heures pendant 10 minutes, laissant les ventilateurs tourner pour utiliser la température ambiante, efficace pour économiser l’énergie.

Le choix final doit prendre en compte le type d’installation, la fréquence des dégivrages, la complexité de maintenance et le coût énergétique associé.

Diagramme d'évaporateur dans une chambre froide, illustrant le positionnement optimal pour un dégivrage efficace.
Diagramme d'évaporateur dans une chambre froide, illustrant le positionnement optimal pour un dégivrage efficace.

Utiliser des systèmes de régulation intelligente pour optimiser les cycles de dégivrage et réduire les coûts

Les régulations électroniques intelligentes, telles que le Danfoss AK-CC, adaptent dynamiquement la fréquence et la durée des cycles de dégivrage selon un bilan énergétique en temps réel détectant la formation de givre.

Ces systèmes optimisent la consommation en évitant les dégivrages inutiles ou prolongés, procurant des économies énergétiques dépassant souvent 20 %. D’après danfoss.com, l’investissement d’environ 1 600 € peut être amorti en moins d’un an grâce aux économies réalisées.

Conseils pratiques pour l’intégration de régulateurs intelligents :

  • Vérifier la calibration précise des sondes thermiques pour garantir des déclenchements fiables.
  • Paramétrer rigoureusement les seuils de déclenchement et d’arrêt pour éviter les surchauffes hors cycle.
  • Intégrer des dispositifs de sécurité, comme des temporisations limites et alarmes en cas de dépassement de température, pour prévenir la détérioration de produits.
  • Associer une surveillance cumulée via outils de supervision (ex : Smart Store) pour une gestion centralisée et proactive.

La maintenance régulière doit inclure le contrôle de ces régulateurs et leur mise à jour logicielle pour conserver l’efficacité optimale du système.

Prévoir un budget d’entretien incluant maintenance, équipement et économies sur la facture énergétique

Les dépenses principales concernent :

  • L’investissement initial dans une régulation intelligente (~1 600 €), amortissable en moins d’un an par les économies d’énergie engendrées.
  • Les frais d’entretien courant, incluant nettoyage des évaporateurs, vérification des sondes thermiques, calibration des capteurs et contrôle de l’évacuation des eaux de dégivrage pour éviter gel et blocages.
  • La maintenance des dispositifs de sécurité : validation des temporisations, tests des coupures automatiques et alarmes associées pour éviter les dégivrages excessifs préjudiciables.
  • Les éventuels remplacements ou mises à jour des systèmes de contrôle et capteurs pour maintenir la performance.
  • Achats complémentaires, comme le calorifugeage ou le chauffage des tuyaux d’évacuation des condensats afin de prévenir la formation de glace pouvant perturber le système.

Les économies générées s’étendent :

  • À la réduction significative de la consommation électrique due à la baisse de fréquence et durée des cycles de dégivrage.
  • À la diminution des pertes énergétiques induites par un renouvellement d’air intérieur maîtrisé (réduction d’environ 109,6 kWh à 11 kWh dans l’exemple cité), ce qui se traduit par une économie financière annuelle potentielle dépassant 1 000 € selon les installations.

Ainsi, un entretien rigoureux et un budget adapté garantissent non seulement la pérennité des installations mais aussi une optimisation économique mesurable.